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Par Mehdi K. Benslimane
Mahdi Elmandjra, Nadia Yassine, Abdelhamid Amine, Khalid Jamai, Mohamed Sassi, Ahmed Snoussi (Bziz), Abdelhak Serhane, Ali Lmrabet, Ahmed Benjelloun, Yahya Elyahyaoui … sont pêle-mêle les noms de ces intellectuels, journalistes, artistes, militants et écrivains marocains qu’on ne voit point sur nos télés. Et pourtant, ils ont énormément de choses à nous apprendre.
Parce qu’ils ne font pas dans le politiquement correct, dans la propagande du régime, on leur refuse la parole. Aujourd’hui, ces figures emblématiques de la vie politique et sociale sont victimes d’un véritable boycott. Dommage.
Imaginez Mustapha Alaoui, l’animateur de l’émission “Hiwar”, interviewant Nadia Yassine sur la montée des islamistes ou encore Jamaâ Goulhsen faisant réagir Abdelhamid Amine sur la situation des droits de l’Homme sur le plateau de “Moubachara Maâkoum”. Ils vont à coup sûr battre des records d’audience. Pour les directions de l’information de
Mohamed Douyeb
Abdelhamid Amine, président de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), ne subit pas, quant à lui, la même situation. Il fait en effet partie de cette liste de persona non grata dont l’accès aux chaînes est conditionné par des consignes très strictes. «Les deux télés ont trouvé l’astuce : lorsqu’il s’agit d’événements traitant, à titre d’exemple, de la sensibilisation à la culture des droits de l’Homme, elles jouent le jeu, mais quand il est question de sujets jugés sensibles telle la violation de ces droits ou la critique du rapport de l’IER, c’est le boycott total», relève-t-il. Et vu qu’Abdelhamid Amine est réputé pour son franc-parler, il ne faut surtout pas espérer qu’il soit invité un jour à une émission de débat diffusée en direct et en prime time. C’est le cas aussi de plusieurs hommes politiques, journalistes, intellectuels, artistes et écrivains.
Pas interdits mais boycottés
S’il est difficile de dresser une liste exhaustive de ces indésirables de la télé publique, on peut néanmoins citer le nom de certaines figures à l’image de Abdallah Harrif (Annahj), Khalid Jamaï, Mahdi Elmandjra, Bziz, Ahmed Benjelloun (PADS), Mohammed Sassi (PSU) et Abdelhak Serhane. Prenons le cas du journaliste Khalid Jamaï. Sa dernière intervention dans le cadre d’une émission de débat date de la fin de l’année 1999, soit au lendemain de la mort du roi Hassan II. Depuis, il n’a jamais été sollicité par les deux chaînes. Sept ans après, des gens se rappellent encore de son passage sur cette émission de
Auprès de Mehdi Elmandjra, c’est une autre version des faits. «Vous ne me verrez jamais sur le plateau de 2M ou de
Quant à Mohammed Sassi, la dernière fois où il a pris la parole dans une émission de débat remonte à dix ans. Et c’était sur le plateau de 2M. Si ce dernier est souvent invité par les chaînes, son nom est zappé à la dernière minute de la liste des participants. Consignes obligent !
Laaraïchi : vous avez dit liste noire !
Autant dire qu’en dépit de la levée du monopole de l’Etat sur les ondes, les vieilles pratiques ont toujours la peau dure. Certains observateurs estiment que, contrairement au discours dominant, on assiste à un retour inquiétant de la censure sur la télévision publique. Pis, la marge de manœuvre des responsables des deux chaînes s’est rétrécie, pour reprendre leurs propos.
Le respect du sacro-saint principe du pluralisme, inscrit noir sur blanc dans la loi 77-03 relative à la communication audiovisuelle, n’a en effet pas droit de cité sur les chaînes publiques. Pour tirer la sonnette d’alarme sur la faillite de ces télés dans ce domaine, un sit-in de protestation organisé par l'Union de la gauche démocratique et l'AMDH a eu lieu le 15 novembre dernier devant le siège de
A l’issue de cette réunion, le PDG de
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